La transition écologique « en vert et contre tout »

Les rapports s’accumulent pour nous dépeindre une situation écologique critique : dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, érosion des terres arables, pollution des sols, de l’eau, de l’air, épuisement des ressources naturelles.

Le dernier rapport en date « Approaching a state-shift in earth’s biosphere » rédigé par 22 chercheurs appartenant à 15 institutions scientifiques internationales prévoit que la moitié des climats que nous connaissons aujourd’hui sur terre pourraient bientôt avoir disparu et seront remplacés par des conditions qui n’ont jamais été connus par les organismes vivants. Et ce changement s’effectuerait de manière brutale.

Face à cette situation, un mouvement mondial s’est structuré autour de l’idée de transition pour passer d’une société tournée vers la consommation de masse vers une civilisation plus humaine et écologique.  Les hommes politiques ne prennent pas de décisions, la société civile s’en charge ! Il ne s’agit pas de réformes structurelles de grandes ampleur mais de multiples actions locales comme en témoigne les AMAP*.

(*Association pour le maintien de l’agriculture paysanne)

Se nourrir : Il semble nécessaire de relocaliser l’agriculture autour des bassins de vie. Les légumes et les fruits sont cultivés sans produit chimique par des producteurs locaux et distribués en circuit court. Ils ne fonts pas des milliers de kilomètres, ils sont de saison, sont meilleurs et favorisent le développent d’un nouveau tissu social. Parfois nous préfèrerions manger des fraises en hiver … mais cela nous permet de renouer avec le rythme de la nature, il faut faire avec … Les AMAP  sont nées au Japon dans les années 1960 pendant le développement de l’agriculture intensive. Les Teikei « mettre le visage du paysan sur les aliments » de développent ensuite aux USA puis en Europe.

Nous devons aussi en parallèle modifier nos habitudes alimentaires afin de préserver notre autonomie en matière d’alimentation. D’ici 40 ans la population française aura augmenté de 8 millions d’habitants alors que la France est déficitaire de 1,7 millions d’hectare. Il est possible de concilier besoins alimentaire et usage de terres en redéfinissant les besoins nutritionnels. Trop habitué à une alimentation carnée et sucrée, nous devons nous orienter vers une ration contenant plus de céréales de fruits et de légumes ce qui permettrait de libérer de la surface agricole …

Il y a beaucoup d’autres réflexions ou initiatives intéressante et efficaces qui sont mises en œuvre. Ce qui compte c’est que chaque action est un pas en avant, comme l’illustre cette fable du Colibri :

Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt.

Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre.

Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit :

«Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu»

Et le colibri lui répondit : « Je le sais, mais je fais ma part. »

Légende amérindienne racontée par Pierre Rabhi*

*Pierre Rabhi

Initiateur du Mouvement Colibris, reconnu expert international pour la lutte contre la désertification, Pierre Rabhi est l’un des pionniers de l’agriculture écologique en France. Depuis 1981, il transmet son savoir-faire en Afrique en cherchant à redonner leur autonomie alimentaire aux plus démunis et à sauvegarder leur patrimoine nourricier.

Auteur, philosophe et conférencier, il appelle à « l’insurrection des consciences » pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur et cesser de faire de notre planète-paradis un enfer de souffrances et de destructions. Devant l’échec de la condition générale de l’humanité et les dommages considérables infligés à la Nature, il nous invite à sortir du mythe de la croissance indéfinie, à réaliser l’importance vitale de notre terre nourricière et à inaugurer une nouvelle éthique de vie vers une « sobriété heureuse ».

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